Xavier de La Perraudière
Florian d’Oysonville

Commissaires-priseurs associés

La fantaisie avec Line Vautrin, l'authenticité avec Slewinski

Vendredi 02 Octobre 2020

Il a sans doute orné sa boutique parisienne dans les années 1960, avant de gagner un intérieur privé… Rayonnait ici un nouvel exemple du chic poétique de Line Vautrin, avec un miroir sorcière confectionné comme il se doit en Talosel, qui constitue son entourage d’écailles et de motifs rouges (diam. 27 cm). Et l’engouement pour ses créations ne semble pas faiblir, puisque pour se saisir de cette pièce affichant de légers accidents, on devait avoir prévu 26 000 €. Bien plus tôt, un jeune Polonais avait arpenté la Bretagne. Wladislas Slewinski, né en 1854 dans une famille aristocratique de Mazovie, quitte son pays en 1888 pour étudier la peinture à Paris. L’année suivante, il fait la rencontre décisive de Paul Gauguin, qui l’invite à le suivre au Pouldu. C’est de cette période que daterait la toile reproduite ici  : un Pont à Quimperlé (61 x 50 cm). Ce tableau de jeunesse est bien connu, car exposé au musée national de Varsovie lors de la rétrospective monographique «Wladyslaw Slewinski 1854-1918», tenue en 1983. À ce titre, il pouvait prétendre à 21 500 €. Mais ce n’est qu’en 1910 que Slewinski s’installera à Pont-Aven, puis à Doëlan, pour mieux s’imprégner des figures des habitants de la région et de ses paysages. Le Néerlandais Siebe Johannes Ten Cate – qui fit carrière à Paris et devint l’un des peintres vedettes du marchand Paul Durand-Ruel – a été plutôt attiré par les ambiances de l’Afrique du Nord… En témoignait ici une Rue de la casbah d’Alger animée d’un couple, huile sur toile signée et datée « 1881 » (45 x 29 cm)## que l’on décrochait à 3 100 €. Au rayon mobilier, se détachait enfin un secrétaire commode (88 x 100,5 x 57 cm) en acajou et placage d’acajou##, portant l’estampille de Joseph Stockel, reçu maître en 1775 (voir Gazette n° 32, page 108). Il présente un tiroir à face pliante découvrant une écritoire, et comporte une porte latérale. Pour cette pièce pleine d’ingéniosité, un amateur a déboursé 11 300 €.

SAUMUR, MERCREDI 23 SEPTEMBRE. IVOIRE - DELOYS - DE LA PERRAUDIÈRE/ D’OYSONVILLE OVV. CABINET MARÉCHAUX.