Xavier de La Perraudière
Florian d’Oysonville

Commissaires-priseurs associés

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IVOIRE ANGERS dévoile un tableau de l'entourage de PATINIR d'une grande qualité

Lundi 23 Novembre 2020

Ventes aux enchères jeudi 10 décembre à Angers



Ce tableau de l’Ecole Flamande vers 1550 est d’une telle qualité que le cabinet Turquin, expert en peinture ancienne, l’a attribué à l’entourage de Joachim Patinir, grand nom de la peinture flamande du XVIème siècle. « La richesse du paysage, la profondeur de la perspective, la délicatesse des bleus, la manière de représenter les rochers, un peu en forme de coquilles d’huîtres, le coté rustique des personnages, démontrent que l’artiste a été en contact avec Patinir » explique Stéphane Pinta du Cabinet Turquin.

Joachim Patinir est nom magique. Célébré en 2007 au Prado, il est considéré comme l’un des premiers peintres de paysages en Flandres, utilisant la perspective pour créer de lointains infinis. Ses paysages amènent à la contemplation et racontent le cheminement de l’âme dans une nature aux rochers souvent hostiles. On retrouve ici une invitation à déambuler dans ce paysage comme tout pèlerin ayant accosté en Terre Sainte. Après une démarche pénitentielle dans l'obscurité des rochers, nous voilà appelés vers la lumière par les paroles de Jean-Baptiste. Selon les Evangiles, Jean-Baptiste prêchait à une grande foule qui venait de Jérusalem et des environs. Le thème, commun à l'église catholique et à l'église réformée, est très répandu dans la Flandre du XVIème siècle et certains y voient une image des prêches clandestins des réformateurs. De manière inhabituelle, le saint est vu de dos, faisant corps avec l’arbre verdoyant et dominant une vue panoramique, à laquelle l’artiste donne une grande profondeur. Au second plan, au bord du fleuve, il est représenté baptisant Jésus. Devant la porte de la cité, autre passage symbolique, on assiste au martyre de Jean-Baptiste qui fut décapité et dont les ossements furent brûlés, afin de mettre fin à sa popularité, un épisode qui est à l’origine de nos feux de la Saint-Jean. Autant de scènes issues de l’histoire chrétienne, délicatement réalisées, qui plongent le spectateur dans un voyage spirituel fantastique. Ce tableau de petit format et d’une grande force, devrait largement dépasser son estimation de 60.000/80.000€.

Fiche du lot
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Commissaires-priseurs : Xavier de La Perraudière et Florian d’Oysonville
Expert : Cabinet Turquin - Stéphane Pinta + (0)1 47 03 48 78
Contact-presse : Sylvie Robaglia +33 (0)6 72 59 57 34 - sylvie@art-et-communication.fr

Visible chez l’expert sur rendez-vous (en fonction des mesures gouvernementales)
69 rue Sainte Anne - 75009 Paris

ECOLE FLAMANDE vers 1550, entourage de Joachim Patinir.
"La prédication de saint Jean-Baptiste"
Panneau doublé parqueté. 22,6 x 32 cm (petites restaurations anciennes)
Estimation : 60 / 80 000 €


Note de l’expert : Chacun est invité à déambuler dans ce paysage comme tout pèlerin ayant accosté en Terre sainte. Après une démarche pénitentielle dans l'obscurité des rochers, nous voilà appelés vers la lumière par les paroles de Jean-Baptiste. "... La gloire de Jean se tire de sa prédication ...il prêcha en effet avec ferveur, avec efficacité et avec prudence" nous dit la Légende dorée. Selon les Evangiles, il prêchait à une grande foule qui venait de Jérusalem et des environs. Le thème, commun à l'église catholique et à l'église réformée, est très répandu dans la Flandre du XVIème siècle et certains y voient une image des prêches clandestins des réformateurs. De manière inhabituelle le saint est vu ici de dos, faisant corps avec l'arbre verdoyant, force vive qui domine une vue panoramique à laquelle il donne toute sa profondeur. Vêtu de poil de chameau, Jean prend appui sur une perche qui limite son espace de parole suivant une iconographie traditionnelle. Au second plan, au bord du fleuve, il est représenté baptisant Jésus à "Béthanie, au-delà du Jourdain" selon les Ecritures. Alors le "ciel s'ouvrit, et l'Esprit Saint descendit ...comme une colombe". Devant la porte de la cité, autre passage symbolique, est représenté le martyre de Jean-Baptiste: ayant condamné publiquement Hérode pour avoir pris la femme de son frère, Hérodiade, il est mis en prison. Hérodiade, pour se venger, fit demander sa tête par sa fille Salomé qui l'obtint en présent après avoir charmé Hérode de sa danse. On la voit ici descendre l'escalier tandis que le bourreau s'apprête à décapiter le Baptiste. Ses disciples portèrent son corps à Sébaste, au Nord de Jérusalem, qui devint un lieu de pèlerinage où se produisirent de nombreux miracles. Pour mettre fin à cette notoriété, Julien l'Apostat fit subir au saint un "second martyr", procédant à la collecte et la crémation de ses ossements. L'épisode, représenté ici aux portes de la ville est à l'origine de nos feux de la Saint-Jean.