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ARTS D'AFRIQUE & CIVILISATIONS - Collection Madeleine LEFEBVRE

Jeudi 26 Novembre 2026 à 14h

Lot 7
Rare et remarquable peigne de prestige Cisakulo à figure anthropomorphe Chokwe (Tshokwe) — Angola Afrique centrale. Bois sculpté...

Rare et remarquable peigne de prestige Cisakulo à figure anthropomorphe
Chokwe...

Rare et remarquable peigne de prestige Cisakulo à figure anthropomorphe
Chokwe (Tshokwe) — Angola
Afrique centrale.
Bois sculpté à ancienne patine brun foncé, presque noire, aux profonds reflets acajou.
Dimensions : 12,5 cm.
Provenance :
Collection Madeleine Lefebvre (Belgique).
L'Afrique d'une « femme de la brousse ».

Remarquable peigne de prestige cisakulo, véritable chef-d'œuvre de sculpture miniature, témoignant du raffinement exceptionnel auquel pouvaient parvenir les artistes Chokwe dans la réalisation de leurs objets personnels les plus élaborés.
L'extraordinaire qualité de cet exemplaire réside dans la précision de son exécution, l'équilibre parfait de sa composition et la richesse de ses détails, réunis dans une œuvre de seulement 12,5 cm. La partie supérieure est couronnée d'une délicate tête anthropomorphe au visage finement modelé, dont les yeux en amande, le nez subtilement dessiné et la petite bouche aux lèvres délicatement projetées composent une expression d'une remarquable douceur. La coiffure, particulièrement élaborée, présente un savant réseau d'incisions obliques et de chevrons, exécutés avec une rigueur et une régularité admirables.
Sous cette tête, portée par un cou élancé, se développe un panneau rectangulaire entièrement consacré à un décor géométrique d'une grande sophistication. Registres superposés, triangles, croisillons et fines stries parallèles s'organisent dans une composition parfaitement maîtrisée. Les longues dents effilées prolongent cet ensemble avec une étonnante élégance, conférant à l'œuvre une silhouette architecturale et un rythme vertical particulièrement harmonieux.
Le bois présente une superbe patine ancienne, profonde et intensément lustrée, dont les nuances brun-rouge apparaissent sous les surfaces presque noires. Les reliefs et les légères marques d'usure témoignent de la longue histoire matérielle de cet objet, sans altérer la remarquable lisibilité de son décor.
Chez les Chokwe, les peignes cisakulo remplissaient une double fonction, servant à l'entretien des coiffures tout en constituant de véritables parures personnelles. Les exemplaires les plus richement sculptés pouvaient également exprimer le goût, le statut et le prestige de leur propriétaire. Leur ornementation figurative ou géométrique révèle l'importance accordée à ces accessoires, devenus de véritables supports d'expression artistique.
Ce qui distingue particulièrement cette œuvre est cette capacité rare à concentrer, dans des dimensions aussi modestes, une telle richesse sculpturale sans jamais compromettre l'harmonie de l'ensemble. Rien ne semble laissé au hasard : la douceur du visage, la précision de la coiffure, l'ordonnancement des motifs et l'élancement des dents participent d'une même recherche de perfection.
Par son raffinement ultime, sa somptueuse patine et l'extraordinaire maîtrise de sa réalisation, ce cisakulo constitue un exemplaire de très haut niveau, illustrant avec éclat l'une des expressions les plus délicates et les plus accomplies de l'art Chokwe.

MADELEINE LEFEBVRE

Une femme de la brousse, une collection d'Afrique
Artiste belge et voyageuse passionnée, Madeleine Lefebvre (1900-1976) appartient à cette génération de personnalités qui, dès la première moitié du XXe siècle, parcoururent le Congo et développèrent un intérêt profond pour ses arts et ses cultures.
Celle que la presse de l'époque présentait comme une « femme de la brousse » entretenait avec le Congo une relation qui dépassait le simple voyage. Familiarisée avec la vie locale, ses usages et ses langues, elle y exposait ses oeuvres dès les années 1940. En février 1946, Le Courrier d'Afrique consacrait notamment un article à son exposition, évoquant son arrivée le 27 janvier et l'accueil réservé à son travail. Les journalistes témoignaient de l'intérêt suscité par cette artiste singulière, dont ils espéraient retrouver les oeuvres lors de futures manifestations.
Au fil de ses séjours, Madeleine Lefebvre rapporta un ensemble d'objets africains qui occupèrent une place privilégiée dans son univers personnel. Dans son salon privé, véritable cabinet de curiosités, masques, sculptures et objets traditionnels côtoyaient ses peintures, témoignant d'une passion qui dépassait largement sa pratique artistique.
De nombreux articles de presse des années 1940 relatent ses expositions, ses voyages et ses collections. Un témoignage particulièrement précieux paraît dans Le Courrier d'Afrique du 16 novembre 1946 : le journaliste y décrit plusieurs objets rapportés du Congo, notamment un masque tchokwé ainsi qu'un couteau de parade présenté dans sa gaine. Ces deux pièces, identifiées grâce au témoignage familial et conservées au sein de la collection, figurent aujourd'hui parmi les oeuvres proposées à la vente. Une correspondance documentaire rare, qui permet de relier directement les objets à leur histoire dès la première moitié du XXe siècle.

Son oeuvre picturale connut également une reconnaissance qui se prolongea bien après sa disparition. Plusieurs de ses tableaux circulèrent sur le marché international, notamment chez Christie's à Amsterdam, le 10 janvier 2006, où furent présentés Danseuse Mutshioko et A Portrait of a Congolese Woman, confirmant la présence de son oeuvre sur le marché de l'art.
Demeurée dans le cadre familial, cette collection bénéficie aujourd'hui d'une documentation historique particulièrement précieuse. Articles de presse originaux, photographies et souvenirs d'époque permettent de restituer le parcours d'une femme singulière et de redonner aux objets qu'elle avait réunis une part de leur histoire.

Collection Madeleine Lefebvre — Provenance familiale, accompagnée d'archives et de témoignages d'époque.
Exceptionnel bouclier de prestige gbilija se distinguant par ses proportions monumentales, la remarquable finesse de son tressage et son excellent état de conservation. Sa silhouette allongée, aux extrémités arrondies, présente une surface d'un brun presque noir, sur laquelle se détache un puissant motif cruciforme de couleur naturelle, organisé autour d'un carré central sombre. Deux registres rectangulaires, ornés de petits motifs géométriques répétés, complètent cette composition d'une remarquable sobriété.
Le revers révèle un important panneau de préhension en bois sculpté, soigneusement fixé à la structure par des ligatures végétales disposées en chevrons. La régularité du tressage, la qualité des contrastes chromatiques et le traitement particulièrement soigné de la poignée témoignent d'une grande maîtrise technique.
Exemplaire majeur par son envergure de 124 cm, son ancienneté et la préservation exceptionnelle de ses éléments constitutifs, ce bouclier présente les caractéristiques les plus emblématiques et les plus appréciées de la typologie gbilija. Son remarquable état de conservation permet d'apprécier pleinement la finesse de sa construction ainsi que l'équilibre de son décor traditionnel.
Chez les Zande, les boucliers gbilija, réalisés dans un rotin particulièrement fin et serré, étaient traditionnellement associés aux personnages de haut rang. Au-delà de leur fonction défensive, ils constituaient de véritables attributs de prestige, dont les motifs tressés contribuaient à identifier le porteur et à exprimer son statut.
L'intérêt de cet exemplaire se trouve considérablement renforcé par son ancienne provenance familiale, remontant, selon les informations transmises, aux dernières décennies du XIXe siècle.

La collection Versluys conserve un ensemble d'archives et de photographies anciennes témoignant de l'histoire de la famille au Congo. Selon la documentation familiale, certains objets de cette collection firent également l'objet de transactions et de prêts auprès du National Museum of African Art de Washington, notamment par l'intermédiaire de Louis de Strycker. Des factures anciennes comportant des références muséales ont été conservées.
Cette histoire documentaire constitue un témoignage précieux sur la formation et la circulation des anciennes collections d'arts d'Afrique.

Estimation : 500 € à 800 €

Hôtel des ventes
1, rue de la Paix
10000 Troyes
Téléphone : 03 25 73 34 07
Fax : 03 25 73 14 39
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