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Le trésor de Plozevet : 239 pièces d’or Louis XIII et Louis XIV découvertes lors de la restauration d’un manoir au cœur du pays Bigouden

Mercredi 29 Septembre 2021

Vente aux enchères le mercredi 29 septembre 2021 à 14h




C’est une histoire qui fait rêver : en 2019 un couple décide de faire restaurer la maison qu’il a acquise en 2012 à Plozevet au cœur du pays Bigouden. Ils décident de réunir deux bâtiments, une grange et une crèche, et confient les travaux à des tailleurs de pierre. Les trois artisans découvrent alors à l’intérieur d’un mur une boîte en métal remplie de pièces d’or, puis quelques jours plus tard, au-dessus d’une poutre, une bourse contenant l’autre partie du trésor. Au total 239 pièces d’or, frappées sous le règne de Louis XIII et Louis XIV (les plus récentes datant des réformes monétaires engagées sous Louis XIV pour financer les guerres) qui seront dispersées par la maison de ventes IVOIRE ANGERS / DELOYS le 29 septembre prochain. Le fruit de la vente, dont le total est estimé autour de 250.000/300.000€, mais qui pourrait réserver de belles surprises, sera partagé en deux, moitié pour les trois artisans, dont l’un est Compagnon du Devoir, moitié pour les propriétaires.



Le Service Régional d’Archéologie Préventive, mandaté par le Préfet du Finistère suite à la déclaration de la découverte par les propriétaires, a été chargé d’authentifier et d’analyser celle-ci et de faire des recherches dans les archives. Il a déterminé que la partie la plus ancienne du manoir datait du XIIIe siècle et qu’elle aurait appartenu à une famille de riches commerçants ou exploitants agricoles, l’identité des derniers habitants connus du manoir remontant au milieu du XVIIIe siècle. La mer d’Iroise était particulièrement prospère au XVIIe siècle notamment grâce au transport des vins de Bordeaux vers l’Angleterre et de celui des céréales vers le Nord de l’Europe. La région connut un déclin économique entre 1750 et 1850, dû en partie au développement des ports en Normandie, puis un rebond grâce à la pêche au « grand loin » (Terre-Neuve) et à l’essor de l’industrie de la conserverie sardinière.
Le trésor serait le fruit d’une épargne, d’autant que les monnaies retrouvées viennent de 19 villes différentes. Rappelons qu’avant d’être centralisée à Pessac dans les années 70, la monnaie était frappée dans de nombreux ateliers répartis partout en France.



Toutes les pièces ont été authentifiées, 23 ont été émises sous Louis XIII, 216 sous Louis XIV. La plus ancienne date de 1638, la plus récente de 1692. Parmi elles figurent plusieurs monnaies rares : un Louis d’or à la Croix des Templiers (estimation 8.000/12.000€), et un double Louis d’or à la mèche longue1646 de Louis XIV par l’Atelier de Dijon (estimation 15.000€). Cette dernière est si rare qu’elle ne figure pas dans le Gadoury, livre de référence, et est répertoriée dans l’ouvrage Droulers à seulement 120 exemplaires. 120 exemplaires en 350 ans, une rareté qui devrait exciter les musées et les collectionneurs.

LOUIS XIV : Double Louis d'or à la mèche longue - 1646 P (Dijon) - Estimation 15.000€
LOUIS XIV : Double Louis d'or à la mèche longue - 1646 P (Dijon) - Estimation 15.000€


LOUIS XIII - Louis d'or à la croix des Templiers 1640 A (Paris) - Estimation 8.000/12.000€
LOUIS XIII - Louis d'or à la croix des Templiers 1640 A (Paris) - Estimation 8.000/12.000€


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