Xavier de La Perraudière
Florian d’Oysonville

Commissaires-priseurs associés

Les souvenirs de Suzanne et du colonel Joubert

Mercredi 22 Octobre 2014
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Aujourd'hui, à la salle des ventes, sera dispersée une collection. L'oeuvre d'une vie d'un couple amoureux du beau, de grands voyageurs qui avaient choisi de terminer leur vie à Angers.

L'histoire

Fils d'officier de cavalerie, né en 1919, Jean Joubert rejoint Saumur en 1939. Il y fait ses classes puis devint lieutenant-colonel de réserve, et écuyer professeur. La vie militaire est ainsi au coeur de la collection qu'il va constituer, avec des uniformes et armements de la cavalerie, en particulier de la période napoléonienne. Et un rare manuel d'équitation écrit par Antoine de Pluvinel pour Louis XIII, offert à son mari par Suzanne Joubert.

« Lieutenant-colonel et officier de la Légion d'honneur, mon père était un esthète élégant. Il a par ailleurs participé activement aux combats en 1940, puis à la Résistance. Il évoquait en famille ce télégramme du général Leclerc qui était tombé à ses pieds, alors qu'ils défendaient la Sorbonne avec ses amis. « Tenez bon, nous arrivons » disait le message », se souvient Catherine, sa fille qui vit à Angers.

Toutes les époques

« Sabres, cuirasses, accessoires de cavalerie, il connaissait l'histoire de chaque objet par le menu », s'émerveille son petit-fils Jean-Nicolas. Un shako du premier empire, avec une plaque d'aigle couronné, est attendu à 4 000 €. Des oeuvres d'art antique, comme cette tête de Bouddha du IIe siècle qui pourrait valoir 5 000 €. Elle a été ramenée du Pakistan, et témoigne d'un art de synthèse entre les styles grec et indo-bouddhiste.

L'art du mobilier est aussi montré sous son plus beau jour. Par exemple avec cette commode marquetée, oeuvre de Birckle, ébéniste célèbre, en 1764. « Mon grand père était un grand voyageur, féru d'histoire de religions comparées. Il avait des pièces de l'Extrême Orient à l'Occident, de l'Antiquité jusqu'au XIXe siècle », confie Jean-Nicolas.

Catherine confirme : « C'est un couple qui bougeait beaucoup. Ils aimaient vivre entourés de beauté. Je me souviens de voyages avec ma mère à Bruxelles, pour aller chercher des tableaux. Leur demeure hébergeait toutes les formes d'art, tableaux, sculptures, mobilier... »

Ce mercredi, vente aux enchères à 14 h 15, salle des ventes au 12, rue des Arènes. Exposition publique le matin, de 9 h 30 à 11 h 30.

Retrouvez l’article de Ouest France du 22 octobre 2014