LE GROUPE IVOIRE

Le Premier regroupement
de maisons de ventes aux enchères
en France

Belle vente Ivoire Toulouse : 49.060 € pour un chef d’œuvre de Stella !

Mercredi 17 Février 2021
Estimé entre 40 000 € et 60 000 €, ce chef d’œuvre sur ardoise de Jacques STELLA (Lyon 1596 - Paris 1657), "La sainte Famille et saint Jean-Baptiste", a trouvé preneur pour un beau montant de 49.060 € lors de la vente Ivoire Toulouse du Vendredi 12 Février 2021.



Jacques STELLA (Lyon 1596 - Paris 1657)
La sainte Famille et saint Jean-Baptiste
Ardoise
Hauteur : 31.4 cm
Largeur : 23.7 cm




Inscription au revers à l'encre Stella / Collection du Dr Leroy d'Etiolles /1844

Provenance :

Vente des cabinets de Monsieur Coclers et de Monsieur D***, Paris, rue de Clery (par M. Lebrun), 9 février 1789, n°175 (Jacques Stella, La Sainte-famille. Hauteur 11 pouces 3 lignes, largeur 8 pouces et demi, marbre noir ") vendu 1 200 livres ;
Vente du cabinet de M. Le Brun, Paris, rue de Clery, 11 avril 1791, n° 161 (Jacques Stella, Une Sainte Famille) vendu 1 301 livres à Le Vacher ;
Vente Cousin et Mawson, Paris (Me Benou), 4 mars 1844, n° 38 (Jacques Stella, Sainte Famille) ;

Collection du docteur Jean-Jacques Joseph Leroy d'Etiolles (1798-1860) ;

Vente Leroy d'Etiolles, Paris, H&tel Drouot, 21 et 22 février 1861 (Me Lemonnier), n° 114 (Jacques Stella, Sainte Famille) vendu 480fr à l'antiquaire Warneck ; Acquis dans les années 1920 par Henri de Guiringaud (1880 - 1968) ;
Transmis par succession et resté depuis dans la même famille.

Probablement réalisé au début de sa carrière lors de son séjour à Rome, entre 1622 et 1634, notre petit tableau est caractéristique de la production précieuse de l'artiste sur support de pierre. D'une élégante fragilité, sa manière s'accorde avec la nature même du support, une plaque d'ardoise et le sens profond de son iconographie.
Fils de peintre, Stella part en Italie à vingt ans, séjourne quatre ans à Florence (1617-1621) protégé des Médicis.
C'est probablement lors de son séjour à Florence, que Stella découvre la peinture sur pierres comme le marbre, le lapis-lazuli, l'onyx ainsi que l'ardoise que l'on extrayait à Lavagna dans la région de Gênes. Ces petits formats sur " pietra dura " trouvaient bon nombre d'amateurs. Cette technique de peinture sur pierre se développe d'abord à Rome grace aux expérimentations de Sebastiano del Piombo. C'est une technique très appréciée des Médicis à Florence. L'engouement pour ces ouvres est marqué par la création en 1588 à Florence par Ferdinand Ier de Médicis de l'Opificio delle Pietre Dure. De nombreux artistes s'adonnent à cette pratique, Dodovico Cigoli, Giovanni Bilivert, Filippo Napoletano. Il n'est fait aucune mention dans les inventaires florentins de tableau de Stella. Ses premières réalisations sur des supports de pierre sont documentées à partir de son séjour romain.
Il est à Rome de 1622 à 1634. Il s'impose malgré une forte concurrence (Simon Vouet, Giovanni Lanfranco), travaille pour le pape Urbain VIII et sa famille, les Barberini, et devient un ami proche de Nicolas Poussin.
Stella rentre à Lyon en 1635. Il poursuite en France sa pratique de peinture sur pierre qui lui permet de se démarquer des autres artistes de la cour et de se faire estimer par des personnalités comme Richelieu dont la collection comporte de nombreux tableaux exécutés sur des supports semi-précieux. Le cardinal l'appelle à Paris en 1636.
Ainsi notre tableau est à rapprocher de La Sainte Famille avec saint Jean-Baptiste enfant et un ange, précisément daté 1633 et conservé au musée Fabre à Montpellier (ardoise, 53 x 37 cm).
Par son support, son iconographie et ses dimensions, nous pouvons aussi le rapprocher de La Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste au Palais Pitti à Florence (marbre noir de Belgique, 22,5 x 18 cm) et La Vierge à l'Enfant avec le petit saint Jean-Baptiste du musée des Beaux-Arts de Montréal (ardoise, 30 x 23
cm). Ces deux derniers tableaux sont probablement peints vers 1645-1650 (voir le catalogue de l'exposition Jacques Stella (1596-1657), Lyon, musée des Beaux-Arts et Toulouse, musée des Augustins, novembre 2006, juin 2007, n° 50, n° 61 et n° 68).
L'iconographie de l'Enfant couronnant l'Agneau de fleurs, que l'on retrouve dans un tableau de Paris Bordone (musée des Beaux-Arts de Rennes), pourrait être une préfiguration de la Passion et du couronnement d'épines.
Le support extrêmement fragile de l'ardoise et son noir profond souligne la délicatesse du rendu, la finesse du dessin, la noblesse de caractère et transmet une lumière froide et abstraite avec de vives couleurs.
Lors de la vente de Louis Bernard Coclers, peintre et négociant de tableaux, notre tableau de Stella est acquis par le peintre, collectionneur et marchand d'art Jean Baptiste Pierre Le Brun. Lors de la vente du cabinet de ce dernier, le tableau est acquis par Jean Le Vacher de Chaarnois, journaliste, mort lors des
massacres de septembre ou de la Grande Terreur.

Expert : Cabinet Turquin