Xavier de La Perraudière
Florian d’Oysonville

Commissaires-priseurs associés

Succès pour les Napoléonides de Martin-Guillaume Biennais, orfèvre de Napoléon 1er

Mercredi 19 Janvier 2022 à 15h

Résultats de la vente aux enchères du 19 janvier 2022


La maison de ventes IVOIRE ANGERS dispersait environ 150 pièces provenant de la descendance de MartinGuillaume Biennais (1764-1843), l’orfèvre de Napoléon 1er . Parmi ces lots, les trois bustes de la série dite des Napoléonides représentant les membres de la famille impériale, restés dans les collections familiales de l’orfèvre, et inconnus jusqu’à ce jour, étaient vivement disputés. Estimé 8/12.000€, le modèle en cire rose représentant Joachim Murat, était préempté par le Musée de Fontainebleau pour la somme de 33.000€ tandis que celui de Caroline Murat en bronze doré, atteignait un véritable record à 48.800€. Celui de Caroline Murat, signé de Joseph Antoine Couriguer, partait à 11.600€.

BIENNAIS, Martin Guillaume (1764-1843)<br />
Rare modèle en cire rose du buste de Joachim Murat au grand cordon<br />
H. buste : 12,5 cm – H. totale : 26,5 cm -
BIENNAIS, Martin Guillaume (1764-1843)
Rare modèle en cire rose du buste de Joachim Murat au grand cordon
H. buste : 12,5 cm – H. totale : 26,5 cm -


BIENNAIS, Martin Guillaume (1764-1843)<br />
BUSTE en bronze ciselé et doré, taillé en hermès représentant la princesse Caroline MURAT, sœur de l’empereur Napoléon Ier. Epoque Empire.<br />
H : 21,5 - Diam : 7,8 cm.
BIENNAIS, Martin Guillaume (1764-1843)
BUSTE en bronze ciselé et doré, taillé en hermès représentant la princesse Caroline MURAT, sœur de l’empereur Napoléon Ier. Epoque Empire.
H : 21,5 - Diam : 7,8 cm.


COURIGUER Joseph Anton (1750-1830)<br />
probablement sur commande de Martin Guillaume BIENNAIS- Buste en cire rose peinte couleur crème à sujet de la princesse Caroline MURAT H. buste : 11 cm. H totale : 25,5 cm. H avec Signé à l’arrière dans la cire « Courig
COURIGUER Joseph Anton (1750-1830)
probablement sur commande de Martin Guillaume BIENNAIS- Buste en cire rose peinte couleur crème à sujet de la princesse Caroline MURAT H. buste : 11 cm. H totale : 25,5 cm. H avec Signé à l’arrière dans la cire « Couriguér F ». Epoque Empire


Parmi les autres objets de la même provenance, une verseuse couverte en argent, estimée 800/1000€ partait à 4500€, tandis qu’un secrétaire à douze secrets en acajou et placage d’acajou d’époque Empire triplait son estimation pour atteindre 18300€ emporté par un acheteur britannique. Une jardinière en acajou attribuée à Biennais de style retour d’Egypte, triplait également son estimation à 10.550€ ; La qualité de ce meuble, bien que présentant des accidents, démontrait la qualité de la production de Biennais qui avec la suppression des corporations avait pu étendre son activité de tabletier à celle d’ébénisterie dès le début de l’Empire.

Le destin de Guillaume Martin Biennais est l’un des plus étonnants de la période napoléonienne. Modeste artisan venu de sa province natale pour tenter sa chance à Paris, il deviendra, malgré les troubles de la Révolution, l’un des fournisseurs privilégiés de l’Empereur, de sa famille et de la cour impériale. Simple tabletier à l’origine, fabricant de petits objets en bois précieux et notamment des boîtes de jeux, il sait très tôt diversifier son activité en proposant également des boîtes en acajou contenant des nécessaires. C’est à cette occasion qu’il rencontre le général Bonaparte en lui vendant à crédit un nécessaire avant son départ pour la campagne d’Italie. Sa boutique rue Saint-Honoré Au Singe Violet offre alors à la nouvelle clientèle fortunée du Directoire de nombreux objets à la mode, tant de tabletterie, que d’ébénisterie. Il se présente alors comme « Marchand tabletier – ébéniste et éventailliste. Dès le Consulat, Biennais oriente sa production vers l’orfèvrerie et devient le fournisseur du Premier Consul aux Tuileries et à Saint-Cloud. Il restera pendant tout l’Empire le fournisseur de l’Empereur, de la famille impériale et des cours européennes.