Xavier de La Perraudière
Florian d’Oysonville

Commissaires-priseurs associés

Il mène la danse à l'hôtel des ventes

Mercredi 02 Octobre 2013


On l'imagine derrière un pupitre avec son petit marteau, fixant le prix d'objets divers et variés dans un hôtel des ventes. Mais au-delà de cette image, à quoi ressemble le quotidien d'un commissaire-priseur ?

« Adjugé vendu ! » C'est un peu la phrase-cliché qu'on lui assigne systématiquement. Mais avant de se retrouver en salle des ventes, le commissaire-priseur a dû parcourir toute la région, voire parfois l'hexagone, pour ramener les objets qu'il vend. « C'est le piment de la profession, on est un peu comme des chasseurs, glisse malicieusement Xavier de la Perraudière, commissaire-priseur basé à Angers et à Saumur. C'est la découverte qui est le plus excitant. » Un beau tableau du XVIIIe resté dans un grenier, un meuble de 200 ans recouvert d'une couverture dans un garage, des vases anciens de Chine enfermés dans une cave, etc. Les petits et gros trésors sont partout.

Un métier exercé avec « probité »

Depuis le 1er février dernier, Xavier de la Perraudière a une nouvelle charge : il s'occupe en plus des expertises et ventes judiciaires, ce qui représente 30 à 40 % de son activité. « Je fais les inventaires et les ventes qui découlent de décisions judiciaires, comme une liquidation d'entreprise, une succession ou un divorce qui se passent mal, etc. », détaille-t-il. Nommé par arrêté de la Garde des Sceaux, il a prêté serment devant le tribunal de grande instance d'Angers. « J'ai promis de faire mon métier avec probité », assure-t-il.

La déontologie pose justement question dans la profession de commissaire-priseur. Quelle légitimité peut-on avoir pour donner un prix à tout type d'objet ? Avec ses 30 ans de métier derrière lui, Xavier de la Perraudière estime que « dans 80 % des cas », il a une idée de la valeur de l'objet devant lui. « Pour le reste, cela concerne des choses qui sortent de l'ordinaire, par leur origine, leur qualité etc., poursuit-il. Par exemple, pour des tableaux d'Asie il faut avoir des connaissances sur la culture. » Dans ces cas-là, il fait appel à des experts, pour déterminer le prix le plus juste possible. Parfois, au final, l'objet se vendra bien plus cher... « Une fois, un tableau tout petit d'un peintre flamand estimé à 80 000 est parti à 400 000 € ! », raconte Xavier de la Perraudière.

Pour chacune de ses ventes, le commissaire-priseur perçoit un pourcentage. Pour les ventes judiciaires, il est à environ 14 %. Pour les autres, tout dépend du travail d'expertise derrière. « C'est toute la partie qu'on ne voit pas, qui est la plus longue et sur laquelle on travaille le plus », souligne Xavier de la Perraudière. Autre aspect de son travail qu'on a tendance à oublier : se tenir au courant des tendances du marché. Et dans ce domaine aussi il faut regarder vers les pays émergents. Dans quelques années, c'est peut-être le monde entier que Xavier de la Perraudière sillonnera pour dénicher de nouveaux trésors.

Hélène BIELAK
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